La plupart des grandes économies avancées sont dotées d'un salaire minimum. En Allemagne, en Espagne et au Royaume-Uni, il est unique comme en France. Au Japon et aux États-Unis, des seuils minimaux sont fixés au niveau local. En Italie, il n'y a pas de salaire minimum légal. Par ailleurs, des différences s'observent dans les modalités de fixation et les caractéristiques du salaire minimum. Ainsi, l'âge de plein droit varie de 16 ans en Espagne à 25 ans au Royaume-Uni. Les règles de valorisation diffèrent également : beaucoup revalorisent leur salaire minimum une fois par an, en Allemagne les hausses sont décidées tous les deux ans, alors qu'aux États-Unis elles sont bien plus espacées car il n'existe pas de règle de revalorisation (la dernière au niveau fédéral remontant à 2009).

En comparaison avec les grandes économies avancées, le salaire minimum horaire français est demeuré à un niveau relativement élevé depuis 2000 (cf. graphique). Divers dispositifs ciblés sur les bas salaires (allégements généraux, crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi, pacte de responsabilité et de solidarité) ont cependant permis d'en alléger le coût pour les employeurs.

Les études internationales montrent que les effets macroéconomiques du salaire minimum sont variables d'un pays à un autre sur l'emploi total, mais négatifs sur l'emploi des jeunes. Les effets des modifications du salaire minimum dépendent de son niveau initial : s'il est faible, une hausse est susceptible d'augmenter l'emploi, mais s'il est déjà élevé, une hausse réduit l'emploi.

Les effets d'une hausse du salaire minimum sur la productivité dépendent du contexte. Elle peut contribuer à une amélioration de la productivité, en motivant les salariés ou en favorisant la formation. Toutefois, ces effets dépendent beaucoup de la qualité et de l'accès aux dispositifs de formation continue.

Enfin, le salaire minimum a contribué à la réduction des inégalités salariales dans les économies avancées mais ne constitue pas le meilleur outil pour lutter contre les inégalités et la pauvreté. Les politiques fiscales et les transferts sociaux semblent mieux adaptés à cet objectif que la revalorisation du salaire minimum.

Trésor-Éco n° 236