Priorité personnelle du président Xi Jinping, l'initiative « une ceinture, une route » ou Belt and Road Initiative (BRI), aussi appelée « Nouvelles routes de la Soie » a été officiellement lancée en 2013. Elle est aujourd'hui l’une des composantes du développement économique et commercial de la deuxième économie mondiale.

En cherchant à répondre aux besoins en infrastructures de plus de 60 pays en développement situés principalement sur le continent Eurasiatique, elle est l'un des piliers de « la communauté de destin partagé pour l'humanité » que le Parti Communiste Chinois (PCC) s'est donné pour objectif de construire lors de son XIXème congrès (octobre 2017). Elle vise pour cela, au départ, à construire et exploiter, en s'appuyant sur la puissance financière et les ressources industrielles chinoises, des infrastructures portuaires, routières, ferroviaires, énergétiques, industrielles et numériques sur l'ensemble du continent eurasiatique et, au-delà, en Afrique, en Amérique du Sud et même dans l'Arctique.

Cette initiative, dans les faits pragmatique et évolutive, est l'expression d'une stratégie globale qui permettrait de réduire les vulnérabilités géopolitiques de la Chine, d’accroître la capacité de projection de sa puissance – d'abord économique –, d’accompagner sa montée en gamme, et de promouvoir un nouvel ordre mondial « aux caractéristiques chinoises ».

La mise en œuvre de cette stratégie pose plusieurs questions concernant son impact pour le développement et la stabilité économiques des pays concernés ainsi que la capacité des entreprises européennes à y participer. Cette dernière dépendra largement du degré de transparence et d'ouverture de la stratégie chinoise.

Les réponses apportées par l'Union Européenne et les autorités françaises reflètent ces enjeux et rappellent l'importance de la pleine intégration de la Chine dans l'environnement institutionnel multilatéral au moment où cette dernière accélère l'internationalisation de son économie et renforce son rôle dans la gouvernance économique mondiale et son financement. Elles soulignent aussi la nécessité d'un développement cohérent des différentes initiatives de connectivité entreprises entre l'Asie et l'Europe.

Trésor-Éco n° 229